De l’idée à la Startup – Louis Hauseux, quand une possibilité commence à prendre forme
À quel moment envisager la création d’une startup ? Comment savoir si son projet peut trouver sa place ? Et une fois lancé, que se passe-t-il vraiment ? Pour répondre à ces questions, nous avons choisi de ne pas vous présenter Inria Startup Studio uniquement à travers son dispositif, mais de partir à la rencontre de celles et ceux qui l’accompagnent ou en font l’expérience. Louis Hauseux vient de soutenir sa thèse et va rejoindre Inria Startup Studio pour travailler à la création d’une startup à partir de certains de ses résultats de recherche. Une orientation qu’il n’avait pas envisagée au début de sa thèse et qui s’est précisée progressivement, à la faveur de rencontres et d’une réflexion sur la suite qu’il souhaitait donner à ses travaux.
De l’enseignement à la recherche
Avant de commencer sa thèse, Louis Hauseux s’était déjà orienté vers le monde académique. Après une classe préparatoire, il intègre l’ENS Cachan plutôt qu’une école d’ingénieurs. Il enseigne ensuite pendant plusieurs années, notamment comme professeur vacataire dans un lycée en Lozère.
Après trois années d’enseignement, il choisit de revenir vers la recherche et commence sa thèse à 28 ans. Il travaille aujourd’hui sur la structuration automatique de données, avec une application possible aux nuages de points produits par des Lidars 3D.
Ces capteurs laser permettent de scanner un environnement et d’en obtenir une représentation en trois dimensions. Les méthodes développées par Louis permettent notamment de segmenter ces données et de leur donner une première structure. Elles pourraient intéresser différents secteurs ayant besoin d’exploiter des représentations 3D de leur environnement.
Cette possibilité de transférer une partie de ses travaux vers des applications industrielles rejoint une réflexion plus personnelle sur la recherche et les résultats qu’elle produit.
Donner une suite aux résultats de recherche
Louis est attaché au monde académique, qu’il a choisi de rejoindre après ses années d’enseignement. Il s’interroge néanmoins sur la suite donnée aux travaux scientifiques une fois les résultats publiés.
Il compare une idée brillante qui ne connaîtrait aucune suite à « un météore dans le ciel » : elle apparaît, brille, puis disparaît sans produire de concrétisation réelle.
Il utilise également l’image d’un arbre pour décrire la manière dont un sujet de recherche peut progressivement se développer :
« On explore des branches, des sous-branches, des sous-sous-branches […] et on perd de vue pourquoi, à la base, on a commencé à explorer cette branche. »
Il ne s’agit pas pour lui d’opposer recherche fondamentale et recherche appliquée. Les applications de certains résultats peuvent demander de nombreuses années et aucune recherche ne naît sans raison. Son interrogation porte davantage sur ce qu’il souhaite faire de ses propres travaux : ne pas s’arrêter à la publication et chercher comment certains résultats pourraient être utilisés.
C’est dans ce contexte que la possibilité de s’orienter vers l’entrepreneuriat commence à l’intéresser. Non pas à la suite d’un événement précis, mais à travers un cheminement fait de rencontres et de découvertes successives.
Découvrir progressivement l’entrepreneuriat
Louis entend une première fois parler de cette possibilité par Romain Tissot, alors doctorant au sein de l’équipe-projet Hephaïstos. Celui-ci s’intéresse à l’entrepreneuriat et participe à différents événements. Louis découvre ainsi que des dispositifs permettent d’accompagner le passage de la recherche à la création d’entreprise.
La rencontre avec Stéphanie Morales (startup manager), à la cafétéria du centre, lui permet ensuite de mieux comprendre ce que propose Inria Startup Studio. Le contact se fait naturellement, à travers plusieurs échanges. À ce moment-là, Louis n’a pas encore de projet de startup précis. Il souhaite surtout découvrir le milieu entrepreneurial, comprendre son fonctionnement et savoir s’il est réellement possible de se lancer seul ou à deux.
Cette découverte passe notamment par les “Learning Expeditions”. Ces déplacements organisés et accompagnés permettent de participer à des événements consacrés à la deeptech et aux startups. Louis se rend ainsi à “Hello Tomorrow” puis à “VivaTech”, où il rencontre des entrepreneurs et découvre des projets issus de différents domaines scientifiques et technologiques.
Ces événements lui permettent également de mieux mesurer les différences entre le monde académique et celui de l’entreprise. Les échanges y sont plus directs, le temps accordé à chaque interlocuteur est souvent limité et le réseau joue un rôle important. Louis y trouve aussi une forte envie de créer, de développer des solutions et de les confronter rapidement à des besoins concrets.
Son intérêt pour l’entrepreneuriat se précise, tout comme les applications possibles de ses propres résultats. Prendre contact avec l’ISS ne l’a toutefois pas engagé immédiatement dans un projet de création d’entreprise. Cette première étape lui a d’abord permis d’explorer une possibilité.
Construire un projet à deux
Le projet prend une nouvelle dimension lorsque Louis commence à en discuter avec l’un de ses frères. Celui-ci s’intéresse à ses travaux, en comprend les enjeux et l’encourage à étudier plus précisément leur potentiel. Ses compétences, notamment dans le domaine de la finance, pourraient également compléter le profil scientifique et technique de Louis.
Tous deux commencent alors à construire un projet commun. Ils précisent les applications possibles de la technologie, participent à de nouveaux échanges avec l’ISS et préparent leur candidature. Le frère de Louis rencontre notamment Stéphanie Morales à l’occasion de VivaTech.
Leur projet est présenté au comité d’entrée, il reçoit un avis favorable. Leur entrée à l’ISS est prévue après la soutenance de thèse de Louis.
Cette nouvelle étape doit désormais leur permettre de confronter leur proposition aux besoins du marché, de préciser les applications à privilégier et de définir la place de chacun dans le projet. Ils devront également travailler sur les questions liées au transfert des résultats de recherche et à la propriété intellectuelle.
Louis connaît donc déjà le point de départ scientifique de son projet, mais une grande partie reste à construire. Après l’enseignement puis la recherche, il s’apprête à découvrir un nouvel environnement et une autre manière de prolonger ses travaux.
Une perspective dans laquelle il retrouve ce qui l’a marqué lors de ses premières rencontres avec le monde entrepreneurial : « l’enthousiasme de la création ».
De l’idée à la Startup – Un accompagnement, quatre regards : découvrez également les témoignages de
- Stéphanie Morales, startup manager
- Marie Aspro, du prototype à l’adoption
- Hubert Bonnefond, entreprendre une seconde fois autrement
Article rédigé par le Centre Inria d’Université Côte d’Azur
Date de publication : 19/10/2026
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