Mon année au studio par Sonaide

Mon année au studio par Sonaide

Plongez-vous dans le récit d'une année d'exploration entrepreneuriale du programme ISS, à travers les témoignages des alumni. Qu'ils aient créé une entreprise innovante à l'issue ou non, tous ont vécu une année engagée, enrichissante et personnelle. Ecoutez-les et découvrez au fil des vidéos et interviews, leurs défis, moments forts et apprentissages majeurs ; sans oublier la force des rencontres qui font l'histoire des startups.

Nicolas Turpault : Sans accompagnement, nous aurions été poussés à aller trop vite vers une solution « gadget » sans intérêt…

Inria Startup Studio | Logo Sonaide

Dès le début de ses études, Nicolas Turpault sait qu’un jour, il lancera sa propre entreprise. Il voit une opportunité de le faire lors de ses recherches en matière d’analyse des sons ambiants grâce à l’intelligence artificielle. Avec l’aide du startup studio Inria, il identifie et explore avec succès le marché de l’assistance aux personnes âgées en situation de dépendance. Explications.

Rassurer les proches en cas d’alerte et identifier les signaux avant-coureurs d’une perte d’autonomie grâce à l’analyse des sons ambiants au sein du domicile d’une personne âgée… C’est l’intérêt de la solution développée par la startup Sonaide, fondée en avril 2023 par Nicolas Turpault et Simon Pageaud, et qui, après un an d’accompagnement au sein d’ISS (Inria Startup Studio), vient de boucler une levée de fonds auprès de Flore.group et de la BPI. L’enjeu ? Après une phase d’expérimentation gratuite réalisée auprès de résidences séniors non médicalisées, Sonaide entre désormais dans une phase de bêta payante, et cherche des partenaires capables de l’accompagner pour passer du prototypage à l’industrialisation de sa solution.

On mesure dès lors tout le chemin parcouru par Nicolas Turpault, passé par l’école d’Ingénieur Polytech Sophia Antipolis où il fait en parallèle un Master entrepreneuriat à l’IAE de Nice, puis une thèse en informatique au centre Inria de Nancy. Dès Polytech, il sait qu’il veut entreprendre. Son choix de thèse pour un sujet appliqué n’est pas anodin, mais ce n’est qu’au moment de finaliser les 3 ans de recherche que s’impose la question de trouver des applications concrètes à ses travaux, c’est-à-dire fonder une startup reposant sur l’analyse des sons ambiants dans un environnement domestique réel, le tout avec un minimum de collecte et d’annotation de données, ainsi qu’un modèle d’Intelligence Artificielle le plus léger possible.

© Inria / Marie Magnin

Développer un projet qui a du sens

Dans chaque publication de recherche, l’auteur indique plusieurs cas d’usages théoriques, comme l’évaluation de la pollution sonore en ville, ou l’assistance à la personne. Dès le début de l’aventure au sein du startup studio, j’ai pris deux mois pour explorer le marché, et au fur et à mesure des rencontres, on m’a demandé si mes travaux pouvaient repérer les fuites d’eau, ou encore la présence de nuisibles dans les stocks des musées !” 

Lors d’un hackathon organisé avec des étudiants, Nicolas Turpault propose une application en matière de smart city. “Mais le sujet de l’assistance aux personnes âgées revenait sans cesse et au bout d’un moment, il fallait aussi être lucide : pour s’embarquer dans un tel projet, il faut avoir une appétence personnelle pour le sujet. La perte d’autonomie me touchait particulièrement, d’autant plus depuis que j’avais découvert la grille utilisée pour évaluer la perte d’autonomie, devant être remplie par un médecin à la demande du patient. En plus, celle-ci comporte de nombreuses informations que nous pourrions déduire des sons ambiants, indique l’ingénieur, qui voit un vrai intérêt à utiliser sa solution pour aider les proches à évaluer le degré de dépendance d’une personne âgée, car ces dernières sollicitent rarement de passer le test d’évaluation. Dès lors, Nicolas Turpault pose les bases du projet Sonaide et remporte le hackathon.

Mais tout reste encore à faire : “Il fallait trouver un moyen d’exploiter mes travaux de recherche pour créer une application concrète sur cette problématique. J’ai passé une semaine avec une auxiliaire de vie à domicile pour comprendre l’accompagnement actuel, les informations que récolte et partage l’auxiliaire de vie à chaque passage. J’étais étonné d’apprendre qu’on va jusqu’à regarder dans la poubelle pour savoir si la personne a mangé. J’ai découvert qu’il y a cinq types de signaux faibles de la perte d’autonomie : l’hygiène, la nutrition, le sommeil, la perte de mouvement et l’isolement. Il fallait ensuite déterminer s’il était techniquement possible de développer des cas d’usage à partir de ces enseignements, et comment mettre sur le marché une solution pertinente pour nos prospects.”

© Inria / Marie Magnin

Réussir l’exploration de son marché

L’entrepreneur réalise ses premiers tests en se rapprochant de résidences autonomie ou résidences services séniors et en adressant le sujet de l’hygiène : détection des douches, des chasses d’eau et des robinets… Les résultats sont encourageants et appréciés du personnel de ces établissements, mais les premières présentations aux résidents ne rencontrent pas le succès espéré ! Il fallait développer des fonctionnalités dont le bénéfice est plus concret pour les personnes âgées. Sonaide s’inspire alors de l’une des applications à succès des montres connectées et lance une fonctionnalité d’analyse de la qualité du sommeil.

“Mais il nous fallait plus. Je me suis alors penché sur le sujet de la téléassistance. Une demande constante des familles est la détection des chutes et autres problèmes. Nous avons donc utilisé cette base, en y ajoutant de plus en plus de fonctionnalités sur les recommandations de potentiels partenaires, et en développant des capteurs légers, qui peuvent s’implanter au domicile, au contraire de certaines solutions concurrentes, plus onéreuses, qui reposent sur des systèmes complexes avec de nombreux capteurs”, indique Nicolas Turpault, qui trouve alors son MVP. “Heureusement, car nous arrivions à la fin de notre accompagnement au start-up studio, et je voulais vraiment développer une solution utile, pas un gadget. La plupart des appels de téléassistance sont des fausses alertes, et la reconnaissance de sons ambiants peut déjà permettre de pré-qualifier les appels et réduire le nombre de fois où les secours se déplacent inutilement, en plus de détecter des situations où le bracelet ou le collier ne seraient pas portés.”

L’entrepreneur reconnaît que sans Inria Startup Studio, il aurait eu moins de temps pour affiner le projet jusqu’à ce qu’il rencontre l’intérêt de partenaires et d’investisseurs. “Sans accompagnement, nous aurions été poussés à aller trop vite et à faire un produit « gadget » sans vraiment d’utilité pour la société… Au contraire, ISS m’a donné les moyens matériels de m’entourer et aussi de me questionner régulièrement, au travers des boards ou de l’accompagnement quotidien qu’offre le startup studio. J’ai pu explorer le marché de la silver economy de fond en comble, là où certaines solutions se lancent en ayant une mauvaise appréciation du secteur. C’est aussi la fête des startups organisée par ISS qui nous a permis de rencontrer nos investisseurs !

(Re)découvrez les articles de Brij Srivastava, co-fondateur de Nijta, de Thibault Lenart, co-fondateur et PDG d’Operys, Marie Paindavoine, fondatrice de Sklyd et celui de l’équipe de recherche Compliance Robotics.

Date de publication : 15/05/2024

Tags : Accompagnement entrepreneur startup

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