De l’idée à la Startup – Hubert Bonnefond, entreprendre une seconde fois autrement
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De l’idée à la Startup – Hubert Bonnefond, entreprendre une seconde fois autrement

À quel moment envisager la création d’une startup ? Comment savoir si son projet peut trouver sa place ? Et une fois lancé, que se passe-t-il vraiment ? Pour répondre à ces questions, nous avons choisi de ne pas vous présenter Inria Startup Studio uniquement à travers son dispositif, mais de partir à la rencontre de celles et ceux qui l’accompagnent ou en font l’expérience. Après plus de quinze ans consacrés à une première startup, Hubert rejoint Inria Startup Studio avec Charlotte Gaviard pour construire un nouveau projet. Créée en 2024, DareWin Evolution développe des méthodes de sélection variétale appliquées aux microalgues. Pour Hubert, cette seconde aventure entrepreneuriale est aussi l’occasion de mettre à profit les enseignements de la première.

Une première expérience entrepreneuriale

Ingénieur agronome de formation, Hubert Bonnefond réalise sa thèse à Sorbonne Université, au Laboratoire d’océanographie de Villefranche-sur-Mer. Il rejoint Biocore, une équipe commune à Inria, au CNRS et à Sorbonne Université, dont les recherches portent notamment sur la culture des microalgues. À l’issue de sa thèse, il participe à la création d’Inalve pour valoriser des travaux et des technologies issus de cette équipe.

Hubert aime la recherche et croit pleinement à son rôle pour préparer l’avenir. Mais il constate aussi la distance qui sépare parfois un résultat scientifique de sa mise à disposition de la société. Son profil d’ingénieur agronome et son intérêt pour les applications concrètes le conduisent à vouloir faire le lien entre les deux.

Il consacre plus de quinze ans au développement d’Inalve, avant de quitter l’entreprise en 2021 à la suite de désaccords avec son associé et les investisseurs de la société.

Les réussites entrepreneuriales sont souvent mises en avant. Les situations plus compliquées le sont moins. Hubert considère pourtant qu’elles sont particulièrement riches d’enseignements. Il est parfois difficile de savoir précisément pourquoi un projet fonctionne. L’analyse de ce qui n’a pas fonctionné permet, elle, de porter un regard critique sur ses décisions et de préparer la suite.

Un nouveau projet avec l’ISS

Après son départ d’Inalve, Hubert aurait pu retourner vers la recherche. Ses échanges avec plusieurs membres d’Inria l’amènent cependant à envisager un nouveau projet et à s’appuyer sur l’expérience acquise au cours de cette première aventure.

Lorsqu’il crée Inalve, Hubert a 28 ans et ne mesure pas encore pleinement ce dans quoi il s’engage. Plus de quinze ans plus tard, sa situation familiale a changé et il sait désormais ce qu’implique la création d’une entreprise : le temps, l’énergie, mais aussi les contraintes financières qui l’accompagnent. L’expérience acquise lui permet toutefois d’aborder cette nouvelle aventure avec davantage de recul et de sérénité.

Il rejoint Inria Startup Studio avec Charlotte Gaviard, aujourd’hui cofondatrice et directrice technique de DareWin Evolution. Il mène alors en parallèle une activité de conseil.

L’ISS lui propose un cadre suffisamment souple pour tenir compte de cette situation. Hubert souligne la capacité du dispositif à accueillir des profils différents, au-delà du cas plus habituel du doctorant qui envisage de créer une entreprise à l’issue de sa thèse. Il retient également la bienveillance de l’accompagnement proposé.

DareWin Evolution : améliorer les performances des microalgues

DareWin Evolution est créée en 2024. L’entreprise développe des méthodes de sélection variétale appliquées aux microalgues. Le principe est comparable à celui utilisé pour le maïs, la tomate ou d’autres plantes : faire évoluer des populations afin d’obtenir des souches plus productives et mieux adaptées aux usages recherchés. Les microalgues sont utilisées dans l’alimentation humaine et animale, la cosmétique ou encore la bioremédiation. Leurs rendements restent cependant insuffisants pour certaines applications industrielles.

DareWin Evolution travaille notamment sur la production de lipides et d’oméga-3. Essentiels à la santé humaine, ces derniers sont aujourd’hui principalement extraits des huiles de poisson. L’amélioration des performances des microalgues pourrait permettre de développer une source alternative, tout en limitant la pression exercée sur les ressources issues de la pêche.

L’entreprise est actuellement hébergée au Laboratoire d’océanographie de Villefranche-sur-Mer. Elle conserve des liens étroits avec Inria et poursuit ses collaborations avec l’équipe-projet GreenOwl dont elle est issue.

Des clients, un modèle économique, une équipe

Entre le projet accompagné par l’ISS et l’entreprise d’aujourd’hui, le chemin parcouru ne se mesure toutefois pas seulement aux avancées technologiques. Une équipe s’est constituée et DareWin Evolution a précisé son modèle économique.

Pour Hubert, les profils scientifiques ou techniques ont naturellement tendance à rester concentrés sur ce qu’ils maîtrisent déjà. Or, développer une technologie ne suffit pas. Il faut aussi rencontrer les futurs clients, comprendre leurs attentes et vérifier que la solution envisagée répond à un besoin.

L’ISS incite les porteurs de projet à travailler très tôt sur ces questions. Ces échanges ont permis à l’équipe de mieux connaître ses clients et d’identifier les applications à privilégier. Pour Hubert, le principal changement tient à cette entrée dans la réalité économique et industrielle. L’équipe a confirmé l’existence d’un besoin et considère avoir aujourd’hui de premières réponses à y apporter. DareWin Evolution compte aujourd’hui cinq personnes et commence à générer des revenus. Plusieurs dimensions du projet doivent toutefois encore être consolidées.

« Il faut garder en tête qu’une entreprise a vocation à faire du chiffre d’affaires. Ce n’est pas simplement un laboratoire de recherche un peu différent. »

Les enseignements de sa première expérience ne concernent pas uniquement le modèle économique. Ils touchent aussi à la manière de construire et de faire vivre une équipe. Des compétences complémentaires ne suffisent pas toujours. Les relations humaines participent directement à l’équilibre du projet.

« Quand on essaie de faire rentrer des ronds dans des carrés, ça ne peut pas bien se passer. »

Il ne s’agit pas de renoncer au premier désaccord ou de ne plus faire les efforts nécessaires au travail collectif. Pour Hubert, il faut cependant savoir reconnaître les situations qui ne fonctionnent pas et ne pas les laisser fragiliser les personnes, l’équipe et le projet. L’expérience lui a également appris à trouver le bon équilibre face aux conseils reçus. Un porteur de projet doit savoir écouter, interroger ses choix et faire évoluer sa réflexion. Il ne doit pas pour autant changer systématiquement de direction. Il reste responsable de ses décisions et de leurs conséquences.

Le plaisir

Hubert ne sait pas encore jusqu’où DareWin Evolution pourra se développer. Les incertitudes demeurent et le projet lui apporte parfois son lot de stress. Il mesure néanmoins la chance de ne pas s’ennuyer, de travailler sur un sujet qui l’intéresse et de rester en accord avec ses engagements personnels et éthiques.

Lorsqu’il doit résumer cette étape de son parcours en un mot, il choisit celui de « plaisir » :

« Je suis content de me lever le matin pour aller travailler. »


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Article rédigé par le Centre Inria d’Université Côte d’Azur

Date de publication : 19/10/2026

Tags : Accompagnement chercheur entrepreneur Fondateur startup

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