200 projets soutenus par Inria Startup Studio
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200 projets soutenus par Inria Startup Studio

En novembre 2022, nous avions célébré les 100 premiers projets du startup studio et il est assez naturel de faire un deuxième article après avoir passé le cap des 200 projets soutenus. Depuis septembre 2019, 219 projets sont passés en comité Inria Startup Studio. 157 projets sont sortis du dispositif et 77 startups ont été créées (un taux de création de  50% environ). Le cumul des levées de fonds s’établit à 30 millions d’Euros et 2 startups ont été acquises, Pulse Audition par Essilor et Qatent par Questel. Plus important encore pour nous, ce sont 360 personnes qui ont été concernées à des degrés divers par le dispositif, soutenues par une vingtaine de professionnels répartis dans les 9 centres Inria.

Nous n’allons pas vous noyer sous les données et si vous êtes intéressés par les chiffres, vous pouvez télécharger le pdf des données de 7 ans d’Inria Startup Studio (ISS). 219 projets et 360 personnes, c’est un peu moins que deux personnes par projet. ISS salarie jusque deux personnes par projet pendant un an et cela, avant la création de la startup. Nous sélectionnons les projets très en amont ce qui explique un taux de création de 50%. Certains porteurs découvrent le monde des startups et parfois que ce monde n’est pas fait pour eux, ou que leur vision initiale se confronte à des réalités du marché qui les conduisent à arrêter leur projet.

Les porteurs d’Inria Startup Studio

Nous reproduisons ici la typologie des porteurs qui n’a guère changé depuis les débuts.

Cette typologie illustre quelques convictions fortes :

  • Les porteurs sont en premier lieu des jeunes docteurs et postdocs. Plus de 120 pour moitié issus d’Inria et pour moitié issus d’autres universités et établissements de recherche. C’est aussi une proportion importante des entrepreneurs de la Silicon Valley, les fondateurs de Google étant l’exemple le plus célèbre (*). ISS est vraiment un incubateur au service des universités françaises.
  • Ils sont plus rarement des permanents de la recherche sans doute parce qu’il leur est difficile de se consacrer à plein temps à leur projet, ce qu’ISS demande. Il y a certes d’autres manières d’entreprendre et le sujet fait débat. Mais nous avons cette conviction que les permanents font d’excellents mentors pour leur doctorants qui sont, eux, les entrepreneurs demain.  
  • Les porteurs ne sont pas tous chercheurs. Il y a aussi des ingénieurs, de jeunes diplômés et de manière générale des porteurs non académiques qui ont développé savoir-faire et projet au cours de leur parcours professionnel. Ils apportent au dispositif une richesse insoupçonnée et on peut noter que le taux de création de startup dans cette population monte à 60%.

Mais les porteurs ne sont pas que des chiffres, ce sont des visages et des personnalités, l’entrepreneuriat c’est de l’humain et notre devise reste bien « l’entrepreneur au centre ».

Spring Camp d’Inria Startup Studio / Juin 2026

Plus qu’un incubateur, un dispositif de découverte de l’entrepreneuriat high-tech

Nous l’avons déjà dit, ISS sélectionne des projets très amont. Preuve en est le succès d’ISS dans le concours iPhD qui sélectionne au niveau national de jeunes doctorants à raison d’une cinquantaine par an depuis 2021. Comme l’illustre la figure suivante, ISS est en tête des structures académiques avec 28 lauréats au total. Ces jeunes docteurs comme tous les alumni d’ISS vont découvrir pendant un an l’entrepreneuriat technologique. Ce blog en décrit l’offre dans des articles récents. Autre conviction forte, on ne nait pas entrepreneur, on le devient. Comme l’a écrit Randy Komisar, investisseur de la Silicon Valley, certaines personnes se croient entrepreneurs et en réalité ne le sont pas. D’autres découvrent qu’ils ont les qualités requises alors qu’ils n’en avaient pas conscience.

De nombreuses créations de startup

La dernière figure de cet article montre le nombre de créations de startup par an depuis les débuts d’Inria. On fait souvent dire ce qu’on veut aux chiffres, il faut donc les prendre avec des pincettes. Depuis 2022, Inria vit plus de créations de startups que lors d’aucune année précédente. Et l’année 2026 pourrait être un nouveau record. Mais nuance d’importance, cela a été mentionné plus haut, le dispositif est ouvert à des projets externes. Il n’en demeure pas moins que de nombreux porteurs ne se seraient pas lancés dans l’aventure sans cette opportunité de découvrir l’entrepreneuriat dans des conditions favorables. A eux de décider ensuite s’ils souhaitent poursuivre l’aventure.

Petit bémol, les levées de fonds ne sont pas encore à la hauteur des espérances, 30 millions d’Euros restent modestes, et on peut espérer 10 fois plus à plus ou moins long terme. Pas encore d’entrée en bourse mais deux acquisitions : Pulse Audition par Essilor et Qatent par Questel.

L’intelligence artificielle

ISS n’échappe pas au tsunami que représente l’IA. Plus de 50% des projets du dispositif ont leur cœur technologique dans cette nouvelle révolution. Et parmi les autres, une minorité ne l’utilise pas. Comme tous les tsunamis, l’impact à long terme reste incertain aussi bien que sa durée.

L’ambition d’Inria était de soutenir 100 projets par an. Nous en sommes loin ! Mais nous sommes fiers des 200 projets soutenus et d’une communauté d’alumni qui peut partager son expérience et contribuer par le bouche-à-oreille à notre croissance future !

(*) Jeunesse et innovation

Le débat est presque aussi vieux que le monde, celle des anciens et des modernes. Nous n’allons pas essayer de vous convaincre si vous ne l’êtes pas déjà mais d’illustrer une des raisons pour lesquelles, peut-être, l’écosystème français (et même européen) n’a pas ses GAFAs :

  • l’âge moyen des entrepreneurs est certes de 39 ans, mais ceux qui créent de la valeur de manière extraordinaire sont beaucoup plus jeunes (entre 26 et 32 ans) comme le dit cet article de blog,
  • peut-être n’avez vous pas accès à l’article payant de The Economist sur la corrélation entre manque d’ambition et prise de risque de l’Europe d’un côté et mauvaise compréhension de l’autre de la différence entre innovation incrémentale liée à l’expérience et innovation de rupture liée à la créativité (et aussi au hasard). Pourtant la chose fait moins débat dans l’art ou la science, il nous semble,
  • enfin enfoncons le clou avec un magnifique essai de l’excellent Paul Graham sur l’importance de travailler dans son jeune âge avec des amis sur des projets stimulés par la passion. Ce qui n’est peut-être pas compris, c’est que jeunesse ne signifie pas inexpérience, bien au contraire, mais on ne parle pas ici de l’expérience managériale qui a peu d’intérêt dans les startup mais la maîtrise absolue d’un sujet que l’on a travaillé pendant plusieurs années. L’illustration est renforcée pas un article du New Yorker sur la créativité en binôme, elle aussi sous-estimée,
  • enfin côté Inria Startup Studio, le dispositif est ouvert à tous les âges et à une certaine diversité de profils scientifiques et techniques et il est à souligner que parmi les 68 startups créées, celles qui ont levé le plus de fond sont portées par de jeunes docteurs (NPCO, Skyld, Nijta) tout comme Pulse Audition rachetée début 2025 par Essilor.

Date de publication : 09/07/2026

Tags : Accompagnement deeptech entrepreneur startup

Hervé Lebret

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